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En tribu

  • astridmariesallets
  • 17 avr.
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours


Crépitement du feu

Rythme du tambour

Senteurs, Odeurs

de la Terre

Les pieds battent,

dansent


Là plus loin

je suis

allongée

lui est détendu

nous sommes

dans notre nid

apaisés


Quand j’étais enceinte de mon premier, un tri s’est fait dans mes amitiés, mes proches. Je crois que beaucoup de femmes et d’hommes vivent ça. Je ne m’y attendais pas. C’est comme si j’entrais dans une phase de ma vie avec de nouveaux besoins (d’autres besoins) qui impliquent un entourage en partie différent. Ça a été une petite déchirure pour moi de sentir que certains liens n’étaient plus les bons. D’autant que j’étais encore assez « ourse » dans mon énergie, timide en quelques sortes. Et aller à la rencontre de nouveaux espaces, de nouvelles connaissances, cela représentait un grand effort. Ça a donc mis son temps avant que ne se créent, se tissent, se détissent, se retissent ces nouveaux liens. Petit à petit le chemin s’est fait.


Je n’ai jamais ressenti avec autant de force, de puissance même, qu’à cette période-là mon besoin vital de faire partie d’une petite communauté de proches dans laquelle je me sente en sécurité, libre de parler avec mon cœur et respectée.


Et si j’inclus le couple, je crois qu’à vrai dire, non seulement individuellement nous avons besoin de nous créer une tribu de cœur, mais...


 Je crois qu’aussi en couple, nous avons besoin de nous créer une tribu de cœur de couple.


De vivre des liens dans lesquels notre lien de couple se sente en sécurité, libre d’être tel qu’il est, comme il est, là où il en est. La vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille, elle traverse toutes sortes de saisons : le froid de l’hiver comme la chaleur de l’été. Et si nous trouvions des espaces, des liens dans lesquels l’un comme l’autre on se sente en sécurité. Où c’est possible de se montrer particulièrement complices et amoureux, tout comme de se montrer dans un passage délicat de notre relation.


Des liens où c’est safe d’être vulnérables.


Tout autant exprimer un ressenti, un chant, un rire, que laisser couler une larme sur son visage, c’est ouvrir son cœur : c'est être vulnérable. Dire à quelqu'un ce qu'on apprécie d'unique chez lui ou chez elle, c'est aussi être vulnérable. C'est se laisser toucher par ce qui nous traverse et l'exprimer. Or ce n'est que le cœur ouvert qu'il est également possible de recevoir. Ce ne sont que les cœurs ouverts et vulnérables qui peuvent se relier entre eux et goûter qu’ils sont « ensemble ». Vivre de temps à autres des espaces partagés où l’on ouvre l’intimité de nos cœurs et se sent en sécurité de le faire, c’est en fait vital pour la santé.


Un ami qui a récemment perdu son filleul âgé de 30 ans dans un suicide, partageait à quel point il rêve que nous puissions toutes et tous retrouver une plus grande capacité à partager nos fragilités, à raconter nos doutes, nos erreurs, nos maladresses. Et à dire aux autres qu’on les aime. A partager notre gratitude et notre fierté pour leurs présences dans nos vies.


Je suis moi particulièrement sensible à la santé des couples, et je rêve d’initier des espaces entre couples. Où le cadre et les expériences proposées aident à faire grandir la sécurité. Que chaque couple puisse à son rythme se montrer aux autres dans toute son authenticité. Que chaque couple puisse s'ouvrir, se raconter, être aimé tel qu’il est, comme il est, que la relation soit effritée ou qu’elle soit sereine et légère. Que chaque couple puisse apporter sa couleur à l'ensemble.


Je crois que de tel espaces peuvent considérablement contribuer à une meilleure santé des couples.


Ils forment comme un chaudron aimant. Et baignée dans un chaudron aimant, chaque relation se transforme naturellement et à son rythme en une version plus libre et connectée d’elle-même. Les couples font équipe ensemble et je trouve ça fort. Je trouve qu’on est isolés socialement en tant que couple aujourd’hui. J’entends par là que je me sens pour ma part à l’aise de parler librement de ma relation de couple aux personnes de ma tribu de cœur, et c’est bon, cela m’aide, cela contribue au bien-être de ma relation de couple. Néanmoins parler librement, ensemble avec mon compagnon, de là où en est notre relation à d’autres, tout en se sentant en sécurité de le faire, c’est plus rare. Ce n'est pas encore dans les mœurs de notre société et pourtant ça s’est révélé si essentiel à chaque fois que l’opportunité s’est présentée pour nous. Oh que oui, faisons grandir pas à pas notre tribu de couple!


Je te propose ici un exercice qui va en ce sens, il permet de semer les graines de votre (future) tribu de couple. Vous allez venir sentir en couple comment c’est d’être entouré(e)s par une tribu bienveillante. C'est le premier pas pour permettre à votre tribu de coeur de se manifester et de se consolider : conscientiser d'une part le besoin et d'autre part le goût qu'a votre tribu. Venir sentir comment elle vibre, qu'elle est la texture de cette tribu dont vous avez besoin. Petite, grande, délicate, spacieuse, douce, énergique,... ?

Pour ce faire, vous allez créer la maquette de votre tribu de cœur vous entourant tous les deux, et venir sentir tout au long de la création de votre maquette ce que ça vous fait dans le cœur et dans le corps d’être ainsi aimé(e)s et entouré(e)s.

Choisissez le ou les supports qui vous parlent le plus (dessin, modelage, land art, duplos, etc.), et réalisez ensemble un nid avec vos deux personnages représentés au dedans de ce nid.

Je précise que ce n’est donc pas ici la symbolique du couple qui prépare son nid à la venue d’un enfant. C’est bien la symbolique du nid qui entoure et soutient le couple et qui l’aide ainsi à pouvoir se détendre et se relâcher. C’est pourquoi je vous invite d’ailleurs à représenter vos personnages en position allongée et relâchée au sein de ce nid.

Placez donc au fur et à mesure des branchages autour de votre duo. Ces branches, ces plumes, ces brindilles et autres éléments que vous placez peuvent représenter des personnes, des groupes, des liens, des manières d’être en lien ou encore des intentions. Je nomme tous ces possibles mais pour autant l’idée n’est pas de comprendre chaque branchage que vous posez. C’est plutôt de se laisser porter par l’élan. Créez avec amusement. Prenez du plaisir. Laissez vous guider par ce qui vous met en joie, c’est l’essentiel. Composez votre nid jusqu'à vous sentir entouré(e)s.

Quand vous sentez que c’est complet : prenez un instant pour vous prendre la main et regardez ensemble votre création. Imprégnez-vous de son énergie. Je vous laisse clore à votre façon ce moment sacré que vous venez de prendre le temps de vivre!



Que c’est bon d’être entouré(e)s.


Et il existe plein de façons d’être entouré(e)s, pleins de manières d’être en lien. De multiples couleurs de lien aussi. Chacune vient nourrir un niveau différent de nos êtres


Je te propose d’affiner encore ici : le club de sport, la troupe de théâtre, les collègues, réunir ses amis ou la famille autour d’un jeu d’ambiance, ou encore pour un coup de main sur un chantier ou une balade, sont autant de façons de faire communauté. Il n’y a d’ailleurs pas de meilleure ou de moins bonne façon de faire, elles portent toutes un trésor. Néanmoins il me paraît judicieux de distinguer les expériences qui nourrissent notre cœur :


Celles-là dans lesquelles je me sens en sécurité, où je peux être authentique, et où il y a du respect.


Ce sont là à mon sens les trois ingrédients qui me paraissent indispensables pour pouvoir être pleinement nourri(e). Dans certains moments de vie bien sûr, d’autres ingrédients doivent s’ajouter à ce trio pour pouvoir ouvrir son cœur (dans les moments de passage ou de plus grande vulnérabilité entre autres).


Je précise que ce n’est pas ici une question de personne ou de groupe en particulier. Il y a pour moi une part de mystère dans le fait qu’avec telle personne ou dans tel groupe je me sens ainsi en sécurité, et dans la possibilité d’être pleinement authentique. Alors que d’autres y font l’expérience inverse : ne s’y sente pas en sécurité, ni dans la possibilité de s’y ouvrir.


Il y a une part de mystère dans tout cela et bien sûr aussi une part d’engagement. Parfois ça ne matche pas, ou plus, et ça ne matchera pas quoi qu’on fasse car la direction à prendre est celle du lâcher-prise. Accepter que ce n’est pas un espace où je puisse être nourri(e) pleinement. Et parfois ça ne matche pas, ou plus, mais il y a le potentiel pour que cela naisse ou renaisse. Même un très grand potentiel parfois. Cela demande de la réceptivité, de l’écoute et de la curiosité pour trouver et vivre le chemin qui permette aux cœurs de commencer à se sentir, ou d’à nouveau se sentir « en tribu » les uns avec les autres.


Je fais ici une petite promotion ! Celle du jeu « Tribulations » créé par Marion Malaussena-Drosson : ludique, léger et sacrément puissant, il est conçu pour renforcer les liens. Je l’ai testé dans plusieurs contexte (entre amis, en couple, en famille et entre collègues) et je peux dire que ça dépote ! C’est un magnifique outil pour se sentir de plus en plus « en tribu » ensemble…


Pour terminer, j’ai envie de te raconter cette expérience forte qui m’a marquée. J’ose même presque dire qu’elle a marqué mon histoire et ma conscience de la tribu. Accroche-toi un peu parce que c'est fort. Ralentis la lecture si c'est trop. Quand j’étais jeune adulte, j’avais 19 ans, j’étais animatrice sur un camp d’enfants. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, nous avons vécu un événement inopiné : le décès d’un des enfants, un mystérieux arrêt cardiaque (dont l’autopsie n’a jamais pu expliquer la cause). Nous étions quatre animateurs et avons été accompagnés d’une façon étonnamment « reliante » par les services d’aide aux victimes de la croix rouge et de la police belge (c’était en Belgique). Nous avons pu poursuivre les deux derniers jours du camp grâce à leurs conseils qui se sont révélés très précieux : quand quelque chose meurt, avait partagé la psychologue du service, il y a toujours en même temps quelque chose qui naît. Et particulièrement chez les enfants, on peut observer dans ces passages-là un grand besoin de créer, de faire naître. Après une écoute authentique de leurs (et de nos) états d’âme en petits groupes accompagnés par les membres du service, est donc venu ensuite le moment de récolter leurs élans créatifs. Nous avons passés les deux derniers jours du camp en autonomie à soutenir tout un tas d’élans !


C’était d’une magie : un foisonnement d’idées et de réalisations dans une ambiance si spontanée, naturelle, solidaire, authentique.


« On crée une veillée pour Laurent. On se pose ce soir autour du feu et on chante pour lui. Et si on terminait la cabane qu’on a commencé dans les bois, et qu’on en fait un lieu en son hommage. Oh, on pourrait aussi peindre nos t-shirts de pleins de couleurs. Etc. ». Ça a été deux journées de merveilles (et bien sûr aussi d’émotions fortes qui ont duré et ont eu besoin d’être accompagnées encore au-delà de cette fin de camp). Cette expérience m’a marquée au plus profond de moi. Je crois que j’ai fait là l’expérience d’une sagesse ancestrale, en partie oubliée de nos sociétés d’aujourd’hui : un vivre ensemble simple, libre et relié. Chacun connecté aux élans de son cœur, aux éléments, aux autres.


Les parents ont bien sûr été prévenus un à un de ce que vivaient leurs enfants, et ils ont tous acceptés de laisser leur enfant pour que nous puissions rester « en tribu » pour ce passage. Quand ils nous ont rejoint en fin de camp, le témoignage vivant des enfants en a fait frissonner plus d’un. Une expérience si puissante.


Que nous puissions toutes et tous retrouver ces façons simples, de vivre, de créer et de nous relier ensemble, c’est ma prière. Que renaissent nos tribus, pour la santé des couples entre autres.


Crépitement du feu

Rythme du tambour

Senteurs, Odeurs

de la Terre

Les pieds battent,

dansent


Là plus loin

je suis

allongée

lui est détendu

nous sommes

dans notre nid


 
 
 

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