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Faire l’Amour

  • astridmariesallets
  • 2 janv.
  • 9 min de lecture

La sexualité en couple, quel vaste sujet ! J’ai envie d’aller à l’essentiel.


Je distingue trois clés qui m’apparaissent indispensables pour vivre une sexualité épanouie à deux. Ce sont elles que je te présente ici.


La première clé c’est l’Amour. Pas de sexualité épanouie sans amour. C’est comme s’il y a besoin de faire grandir cette capacité à se brancher et à rester branché sur son cœur quand on fait l’amour. Bien sûr, dans nos étreintes sexuelles, parfois rien qu’un geste, un silence, un mot ou un regard de l’autre peut faire qu’on se déconnecte, qu’on n’est plus trop là, ou qu’on a peur, s’agace, s’énerve, est triste. Des émotions de honte ou de dégoût s’invitent si facilement aussi.


Ici c’est pas tant l’idée de ne pas avoir d’émotions « sombres » qui nous traversent.

Mais de rester brancher sur son cœur.


Je vais te donner cet exemple pour être plus concrète encore. Depuis un temps, on s’offre un rituel chaque soir avec mon compagnon. Il est tout simple. On se pose dans le canapé, on prend le temps de fermer les yeux un instant, on se laisse chacun émerger à notre esprit une chose qu’on a aimé chez l’autre dans la journée : une geste, une qualité,… Puis on rouvre les yeux, et on se le partage tour à tour. On prend le temps de se laisser goûter les mots de l’autre. Et on termine en se disant merci. Et voilà qu’un jour, une chose qu’a dit mon partenaire dans la journée m’a mise en trombe. J’ai laissé ça à l’intérieur, et ça a passé. J’étais relax dans la suite de la journée dans notre lien. Mais voilà que venu le moment de se poser ensemble dans le canapé le soir et de fermer les yeux pour laisser monter une appréciation, c’est pas de l’appréciation mais de la colère qui a déboulé à nouveau, et cette fois en très grandes trombes à l’intérieur de moi. Comment vais-je réussir à faire une appréciation dans cet état-là, tout en restant intègre et vraie, bref sans faux-semblant ? Je me suis donc posé la question intérieurement. J’ai demandé à mon cœur. Je savais qu’au-delà de cet accrochage douloureux, il y avait sûrement des choses que j’avais apprécié chez mon partenaire dans la journée : tous les jours je parviens à trouver une appréciation, pourquoi ce jour-là il n’y en aurait pas ? J’ai donc demandé le chemin à mon cœur, et c’est comme s’il a enveloppé ma colère d’amour pour permettre aux appréciations, qui étaient cachées derrière elle, d’émerger. J’ai ainsi pu rester branchée sur l’amour que je porte à mon partenaire. Et vivre ce magnifique rituel ensemble qui a pris ce soir-là une saveur particulièrement émouvante pour nous. Et bien sûr, j’ai par la suite également exprimé que quelque chose avait été blessant pour moi et j’ai demandé à mon partenaire que nous convenions d’un moment pour en parler. La colère est précieuse. En attendant ce rendez-vous, je suis en amour. Et je peux lui faire l’amour sans faux-semblant : avec amour. J'insiste ici que c’est un réel apprentissage à mes yeux, un chemin de tous les jours. La pratique du rituel évoqué ci-dessus peut aider à asseoir profondément cet ancrage à son cœur, à sa source d'amour.


La deuxième clé qui me semble essentielle, c’est l’esprit de la Rencontre. C’est se demander « Tiens, comment je vais à la rencontre de mon/ma partenaire dans nos étreintes sexuelles ? Y vais-je en force, sur la réserve, avec attentes, gêne, curiosité, inquiétude... ? C’est quoi qui m’habite quand je vais à sa rencontre ? » Pour ma part, c’est quand je suis à la fois définie intérieurement, c’est à dire que je sais ce que je veux vivre (par exemple goûter quelque chose de vrai, de puissant et de délicieux), et que je suis à la fois dans un complet lâcher-prise sur le chemin qui mène vers une telle expérience, que je m’épanouis dans nos rencontres sexuelles.



Quand j’accède à cet état de lâcher-prise et de curiosité profonde, c’est là aussi que j’accède à un tout autre regard porté sur mon partenaire quand je vais à sa rencontre. Comme les enfants quand ils découvrent quelque chose de nouveau : un regard sans a priori, sans jugement, curieux, parfois étonné, parfois émerveillé. 100% présent. « Ah c’est comme ça qu’il est ton corps, c’est comme ça qu’elle est la texture de ta peau aujourd’hui, qu'elle est ton odeur ». Cet enfant qui réside en chacun de nous, capable de toucher avec lenteur le corps de l'autre en reconnaissant le sacré de chaque parcelle de peau qui passe sous ses doigts, sans a priori aucun. Qui sait le sacré de toute chose.


Mais comment faire grandir en nous cette curiosité intacte, non pas seulement vis-à-vis du corps de notre partenaire mais aussi vis-à-vis de son énergie sexuelle ? Contacter cet adulte en nous qui reçoit l’énergie sexuelle de l’autre. L’embrasse telle qu’elle est. La reçoit telle qu’elle est : calme, enjouée, sèche, assertive, sauvage, timide, généreuse, dure, molle, tendre, amusée..


Avec un Oui à ce que tu es. Oui au vert d’aujourd’hui, Oui au rouge que tu seras demain, Oui au brun que tu étais hier. Ce ne sont que des couleurs et des textures différentes.


Je vais m’arrêter ici. Bien sûr se pose la question de nos limites.


Dire Oui à ce que tu es, va de pair avec dire Non quand ta proposition dépasse mes limites.


C’est trop tôt, légèrement trop intense, ou trop peu intense, trop tard, etc.  Accorder cette curiosité à l’énergie sexuelle de mon/ma partenaire, retrouver ce regard intact. Et accorder cette même curiosité à mes propres limites : « Ah c’est ça mes limites » «  Ah c’est déjà là que mon corps me dit stop ou dit stop à ce que l’autre me propose ». « Et je le dis, je pose ce stop simplement ». Je propose éventuellement une autre direction, un autre rythme, une autre zone, je guide. C’est ma limite, c’est moi qui sait là où elle est dépassée, et là où ça reste ok. Je reste curieux(se) de ces nouveaux chemins à emprunter qui marient à la fois nos limites et la puissance de nos désirs.


La nécessité du consentement n’est encore que peu ancrée dans notre culture. Oh combien il est pourtant si bon de s’entendre dire « Est-ce que c’est toujours bon pour toi quand j’y vais comme ça ? » alors que je change de rythme, d’énergie ou de couleur au cours de notre étreinte sexuelle. Qu’il est si juste de vérifier auprès de notre partenaire alors que son intimité est concernée.


Je pense que nous sommes nombreux et nombreuses à avoir bafoué nos limites et/ou celles de l’autre en matière de sexualité (c’est le revers d’une même médaille). Notre culture ne nous invite encore que si peu au respect de ces limites. Or si les limites sont flottantes, la puissance ne peut se vivre. J’observe au sein des couples de plus long terme, que la sexualité perd souvent de son vivant pour cette raison. Le choix conscient ou inconscient qui est fait, est celui de rester dans la (petite) zone de confort de nos habitudes sexuelles à peu près sécurisantes. Dans laquelle nos limites intimes ne risquent pas trop d’être bafouées. Plutôt que le choix de faire grandir notre zone de confort ensemble pas à pas, en explorant de temps à autres ensemble de nouveaux terrains sexuels, dans un cadre clair, posé, défini et sécurisant.


Redevenons des êtres sexuels entiers !


En lien avec tout ceci, je te propose un exercice qui vient au juste soutenir l’exploration de nouvelles couleurs sexuelles dans un cadre défini. Il n’y a pas de gros enjeux, pas de toucher partagé entre autres dans cet exercice, je fais le choix d'un cadre soft pour ce premier pas.


Vous allez avoir besoin de 3 grandes feuilles (feuilles d’environ 1m de diamètre) et de peintures colorées et épaisses, par exemple de la peinture à l’huile ou de la gouache. Pas besoin de pinceaux, ou d’autres outils, vos corps uniquement se mettront à l’œuvre ! L’exercice se fait au sol, pas besoin de table donc. Prévoyez simplement de quoi couvrir/protéger le sol pour être à l’aise de déborder, de faire des tâches.

Choisissez une pièce de la maison dans laquelle vous vous sentez en confiance, à l’aise pour vous dénuder, et dans l’intimité (la nudité ne s’invitera pas forcément, ce sera selon votre élan).

Dans un premier temps, d’environ 15 à 20 minutes (mettez une alarme pour vous aider à lâcher-prise sur le temps), prenez chacun une feuille, et faites votre œuvre ! Explorez les couleurs, les textures. Jouez avec vos doigts, votre front, vos poils, vos fesses. Osez plein de choses, amusez-vous ! Nu(e) ou habillé(e), c’est selon ce que chacun sent.

Il n’y a pas beaucoup plus de consigne ici, si ce n’est l’invitation à rester au contact de votre rythme, de votre créativité unique, de votre sexualité. Autant que besoin, venez respirer dans votre ventre, dans votre sexe, là où se trouvent logés vos élans corporels authentiques. L’élan de rouge ? L’élan d’un gros splotch ? L’élan de tapoter de la pointe des cheveux ? L’élan d’une glissade jaune, verte et brune avec la talon ? Tout est possible. Rien n’est censuré. Sexualité et créativité sont étroitement liés.

Après cette première expérience, prenez le temps d’un moment de connexion à deux grâce au partage de vos vécus de cette première expérience. Chacun à votre tour, laissez-vous traverser par ces trois amorces de phrases : une chose que j’ai apprécié de moi durant l’expérience… une chose qui a été inconfortable pour moi… une chose qui me touche positivement dans mon œuvre… Quand votre partenaire se partage, faites l’expérience de l’écouter pleinement, avec toute votre présence sans rien ajouter de votre monde. Faites-lui le cadeau de l’accueillir sans a priori et sans analyse, « Ah c’est ça que tu as apprécié de toi, etc. ». Soyez réceptif(ve)s, rien de plus.

Dans un deuxième temps ensuite, de 15 à 20 minutes également, refaites la même expérience : une œuvre avec vos corps, à l’écoute de vos élans corporels et cette fois, cocréez à deux. Une même feuille pour tous les deux. Continuez de vous connecter à vos centres et à créer à partir de vos élans corporels intérieurs. Soyez curieux des élans créatifs de votre partenaire. Appréciez son courage à se dévoiler, appréciez votre accueil, votre ouverture à sa créativité. Et inversement aimez votre courage à vous révéler et acceptez son accueil, sa réceptivité telle qu’elle est.

A la fin du temps imparti, terminez votre mouvement. Et prenez le temps de regarder votre œuvre commune.

Enfin clôturez à nouveau par un partage connecté avec ces cinq amorces : une chose que j’ai apprécié de toi durant l’expérience… une chose que j’ai apprécié de moi… une chose qui a été inconfortable pour moi… une chose qui me touche positivement dans notre œuvre… le défi de croissance avec lequel je repars…

Remerciez-vous ! Et choisissez ensemble là où vous avez à cœur de déposer ou afficher votre œuvre, de sorte à pouvoir continuer de bénéficier de ces belles énergies qu’elle dégage.



Il me reste une derrière clé à te partager, c’est la Souveraineté. J’ai essentiellement envie d’illustrer cette clé au travers du témoignage fort d’une expérience que j’ai vécue. Mais voilà quelques mots quand même d’abord sur cette notion :


De façon large, pas uniquement en matière de sexualité, la vie de couple c’est pour moi une danse : ce sont des aller-retours continus entre du ensemble, et du juste avec moi.


La deuxième clé parlait du ensemble : elle parlait de rencontre, de quel dialogue je nourris avec l’autre. Elle parlait d’expérimenter dans le lien avec l’autre. Quant à elle la troisième clé, elle parle du juste avec moi : elle parle de souveraineté, du retour en son centre, en ses profondeurs, en ces lieux profonds, sacrés, à l’intérieur de soi. En ce temple que forment nos organes sexuels. Elle parle de « Et moi, c’est quoi mon alignement ? ».


La troisième clé parle de ces espaces que je m’offre pour aller me rencontrer en profondeur.


Elle parle de ce que je mets en place pour m’aider à prendre ma place dans ma vie et dans mon couple. Le témoignage qui suit, c’est une expérience où j’ai au juste pris tout le temps dont j’avais besoin pour rester avec moi avant d’aller vers l’autre. Où j’ai particulièrement réussi à entendre ce « non intérieur », « non reste encore un peu avec toi, écoute encore un peu plus profond, avant de parler de ton besoin ».


Je ressentais depuis plusieurs mois quelque chose au fond de moi qui disait « c’est pas tout à fait comme ça que j’ai envie de vivre ma sexualité ». Mais je n’avais aucune idée de comment ça pouvait être autrement, ni de comment j’avais envie que ce soit autrement. Je n’en ai pas parlé à mon compagnon. J’ai d’abord laissé cela en gestation en moi. Je me suis accordée des temps de ressourcement. Aussi des temps de lecture sur la sexualité. Tout cela maturait en moi. J’avais la sensation d’un fœtus en gestation dans mon ventre. Ça grouillait. Jusqu’à tomber sur un passage dans le livre de Florentine d’Aulnois, Les clés de l’intelligence érotique, 12 rituels, qui m’a transportée. Puis j’ai continué de laisser mûrir. Et à un moment c’est devenu complètement clair, c’était tel autre passage du livre qu’il me semblait que nous avions besoin de lire ensemble et précisément tel rituel proposé que nous avions besoin d’expérimenter. C’étaient ces éléments-là que je me sentais poussée à amener dans l’espace du couple. Les jours passaient et cela continuait de résonner en moi. J’ai alors pris soin de partager à mon compagnon mon cheminement et mes intuitions. Et il m’a dit « Allons-y » !


J’ai rarement laissé mûrir aussi longuement en moi un souhait avant de le partager dans l’espace du couple. Je l'ai chéri, j’en ai pris soin. Et mon soin a transformé mon souhait en une proposition mûre et délicieuse à croquer ! Et mon compagnon m’a dit oui. Nous avons expérimenté ce rituel précisément choisi, que nous réitérons régulièrement tellement il nous porte de fait tous les deux. Il nous apporte un cadre propice à l’émergence de ces autres façons à nous de faire l’amour. Il ouvre le champ de tous les possibles en connectant une profonde sécurité et vulnérabilité dans le lien.


Soit dit en passant, je te conseille vraiment ce livre ;-) !


Et bien j’arrive à la fin de mon article. J'espère qu’il t’a aidé et t’inspire. Et je te souhaite de trouver ton propre chemin vers l'épanouissement de ta sexualité. Merci de m’avoir lue.

 
 
 

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